27 août 2018 0 1417 Vues

Réponse de Viviane Schaller au “Lyme ça suffit !” des Professeurs Gentilini et Bricaire

« Lyme : ça suffit ! »  par les professeurs Marc Gentilini et François Bricaire.

Les professeurs  Marc GENTILINI et François BRICAIRE, médecins universitaires et académiciens, sont des chefs de service réputés, et à ce titre méritent respect et reconnaissance. Cependant, suite à une parution de l’Express du 8 août 2018 *, dans la rubrique « IDEES » où ils se sont exprimés, l’Association Lyme Sans Frontières  souhaite réagir vivement :

1) Constat

Ces experts scientifiques peuvent-ils refuser  d’écouter la voix de médecins généralistes formés dans les facultés de médecine françaises,  de remettre en question leur système de pensée, de changer de paradigme ? Serait-ce contraire au maintien de leur prestige ? Peuvent-ils rejeter les recherches personnelles faites par des médecins et biologiste de terrain, non universitaires, qui sont en quête de notions nouvelles face aux  souffrances souvent incompréhensibles décrites par certains malades ?

Souvenons-nous de l’épisode de Philippe Ignace Semmelweis discrédité par ses pairs, ou la réaction négative de Péan à l’égard de l’asepsie de Louis Pasteur, pour souligner le décalage entre le monde académique et la réalité.

Dans la borréliose de Lyme, aucun examen classique n’apporte de réponse. Et pourtant des professionnels rigoureux  dans leur métier persévèrent. Ils confrontent les symptômes de leurs patients avec le descriptif de publications scientifiques internationales ayant trait à la maladie de Lyme…

2) Observations des médecins de terrain :

-Le patient a souvent séjourné dans une région à risque.

– Les tests de dépistage Elisa ne rendent compte que rarement de la réalité des symptômes suspectés être une « maladie vectorielle à tique ». Ils font alors appel à un test Western-Blot plus spécifique, test à antigènes « recombinants» provenant de souches non pas américaines mais européennes, les plus courantes dans nos régions.

– De nombreux résultats de Western-Blot sortent positifs (et négatifs avec le test Elisa), ce qui permet de mettre en place, en concertation avec le malade, un traitement approprié.  Les traitements préconisés par le protocole officiel et/ou alternatifs, aboutissent à des résultats tangibles dont le malade,  témoin de ses progrès,  est le premier satisfait.

– Les échanges d’expériences entre confrères, en dialogue permanent avec les patients, permettent d’affiner la marche à suivre pour les traitements, au vu des résultats de chacun.

Pourquoi la seule concertation qui n’ait jamais abouti est celle requérant une table ronde entre les médecins-biologistes de terrain, et  les médecins-biologistes universitaires trop surs de leurs connaissances théoriques ?

3) La polémique du « Lyme chronique »

Certains malades atteignent un stade tardif et peuvent être considérés comme des malades de « Lyme chronique ». La plupart du temps ils présentent un système immunitaire effondré (Syndrome d’Immuno Déficience Acquise), ce qui explique en grande partie les difficultés de diagnostics et de prise en charge rencontrées par le corps médical.

Professeur Bricaire,  avez-vous oublié le cas de Monsieur F.B. initialement  diagnostiqué « Sclérose Latérale Amyotrophique », et donc condamné à brève échéance, son diagnostic ayant ensuite mué en « Borréliose de Lyme » ?  Il a ainsi pu être traité par antibiothérapie durant plusieurs mois au service d’infectiologie de La Salpêtrière. Il est complètement guérit à l’heure actuelle.

Combien de faux diagnostics SLA sont à déplorer aujourd’hui en France ?

Professeur Gentilini, ignorez-vous les témoignages du professeur Christian Perronne, (dans son livre «La vérité sur la maladie de Lyme»), évoquant des personnes internées en psychiatrie qui, grâce à des tests Western-Blot positifs (négatifs en Elisa) ont pu être traités par des anti-infectieux adaptés, et guérir de leurs troubles psychiatriques !

Combien de malades sont actuellement dans la même situation, tragiquement perdus pour eux et pour la société, sous la contrainte de neuroleptiques, alors qu’ils pourraient mener une existence normale ? Le cas du jeune Yannick Schraen (voir son livre) en est un exemple édifiant.

Comment pouvez-vous maintenir des théories obsolètes telles que :

  • La maladie de Lyme est « facile à détecter » par des tests fiables à 100%,
  • Les malades de Lyme sont « guéris » après 3 semaines de traitement antibiotique,
  • La forme « chronique » de la maladie de Lyme est inexistante.

4) Les références nationales et internationales

Pourquoi ignorer et refuser de prendre en considération ces 4  parutions récentes :

1) Le rapport du HCSP (décembre 2014) qui admet la non fiabilité des tests de dépistage Elisa, la bonne performance de certains tests Western-Blot, et remet en question les traitements anti infectieux courts (3 semaines) notoirement insuffisants.

  • Les alertes (novembre 2017) du scientifique Alain Trautmann, Immunologiste, Directeur de recherche au CNRS et à l’Institut Cochin, qui redoute un nouveau scandale sanitaire autour de la maladie de Lyme en

Il accuse l’Académie de Médecine et le Centre National de Référence sur cette maladie «d’un déni de réalité allant à l’encontre des faits scientifiques établis».

3) Le rapport récent du PNDS (juin 2018) résumé dans «les Recommandations de Bonne Pratique»  de la HAS reconnaît les formes tardives de Lyme appelées « Syndromes Persistants Polymorphes après une Possible Piqure de Tique », que l’on peut assimiler aux symptômes d’un «Lyme chronique».

  • Le communiqué de presse de l’OMS (2 août 2018) est une reconnaissance mondiale des « complications sérieuses » de la maladie de Lyme, de la « morbidité et la mortalité » qu’elle engendre.

L’OMS déclare qu’en occultant «plusieurs des complications graves, potentiellement fatales de la maladie », et «en excluant de nombreuses complications de l’infection, (les codes officiels) ont contribué à de multiples violations des droits de la personne».

 

Viviane SCHALLER
Pharmacien Biologiste

Vice-présidente scientifique de Lyme Sans Frontières

Fait à Strasbourg, le 26 août 2018.

 

*     https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/halte-aux-fantasmes-sur-la-maladie-de-lyme_2028508.html

https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=464

https://www.associationlymesansfrontieres.com/alain-trautmann-la-maladie-de-lyme-pourrait-etre-un-nouveau-scandale-sanitaire-en-france/

https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2857558/fr/borreliose-de-lyme-et-autres-maladies-vectorielles-a-tiques?cid=r_1439180

https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2018-07/dc_2018_0082_pnds_maladie_de_lyme_cd_2018_06_13_vd.pdf

https://www.associationlymesansfrontieres.com/communique-de-presse-reconnaissance-revolutionnaire-de-la-borreliose-de-lyme-dans-la-11-eme-classification-internationale-des-maladies-oms/https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/halte-aux-fantasmes-sur-la-maladie-de-lyme_2028508.html

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