Informations sur le diagnostic en laboratoire de la maladie de Lyme

Dr Anton Kellner Sarrbrück

Le diagnostic en laboratoire de la maladie de Lyme présente un certain nombre de particularités et de difficultés. Ces problèmes surviennent notamment lors du diagnostic de la forme chronique de la maladie, à telle enseigne que certains médecins en arrivent même à mettre en doute l’existence de cette affection.

1. Borrélies – test d’anticorps (ELISA) et de Western blot:

Dans le cas normal, après transmission des borrélies par la salive de la tique ou d’autres insectes piqueurs ou suceurs, les agents pathogènes sont identifiés par des cellules immunitaires (lymphocytes) circulant dans le sang, marqués par des protéines immunitaires (anticorps) et détruits par des phagocytes (macrophages).
Une formation importante d’anticorps observée durant la période qui suit est manifestement liée à une évolution favorable de la maladie.
Toutefois, ce mécanisme de défense ne fonctionne pas chez une partie des personnes infectées.
Les raisons en sont les suivantes :

  1. la borrélie modifie sa structure de surface/son antigénité tous les quatre jours, ce qui rend plus difficile la tâche du système immunitaire de produire des anticorps spécifiques,
  2. le cas échéant, la personne infectée n’est pas en mesure, du fait d’une affection préalable, d’une situation de stress, d’une faiblesse congénitale de la production d’anticorps, de réagir de manière adéquate et efficace à l’infection,
  3. les borrélies ont une tendance à s’enkyster et à se dissimuler dans les tissus mal irrigués (membranes intérieures des vaisseaux sanguins, tendons, tissu conjonctif, gaines nerveuses). Là encore, elles sont plus difficiles à atteindre pour le système immunitaire,
  4. elles adoptent également des formes kystiques. Il s’agit de formes dormantes qui ne peuvent être éliminées par les antibiotiques. Cependant, elles peuvent à tout moment être réactivées et déclencher de nouvelles poussées de la maladie,
  5. le biofilm, à savoir la formation par les bactéries de leur propre écosystème protégé dans l’organisme hôte, est la forme la plus développée de protection face aux actions visant à éliminer les agents pathogènes.

Lorsque les borrélies sont installées dans l’organisme, l’affection devient chronique. 
Les borrélies sont alors attaquées par des cellules lymphoïdes spéciales (lymphocytes T). Celles-ci activent à leur tour des phagocytes qui détruisent les borrélies. Etant donné que les cellules contaminées sont elles aussi détruites à cette occasion, une forte réaction inflammatoire se déclenche. Celle-ci se manifeste par exemple sous la forme d’une inflammation articulaire (arthrite de Lyme), d’une inflammation atrophique de la peau (acrodermatite chronique atrophiante) ou d’inflammations du système nerveux (polyneuropathie, encéphalite).
Dans une telle situation, la formation d’anticorps peut même être bloquée par les lymphocytes T. L’on se trouve alors en présence d’une maladie de Lyme chronique dite séronégative.
Dans ce cas, la recherche d’anticorps contre les borrélies ne permet un diagnostic.

Les anticorps ELISA sont de faible spécificité et leur portée pratique est limitée.
Le test de Western blot est spécifique, mais ne permet pas de distinguer une infection active d’une infection «ancienne».
L’évolution des anticorps ne permet pas de déterminer si la progression de la maladie a été stoppée ou non.

2. Le test de transformation lymphocytaire (TTL)

Pour ce test, des cellules immunitaires du patient sont cultivées et mises en contact avec divers antigènes hautement spécifiques (protéines infectieuses) des borrélies.
Lorsque ces lymphocytes ont été en contact avec des borrélies dans le corps du patient dans les quatre semaines précédant l’analyse, ces cellules immunitaires sont activées et prolifèrent. Le degré de prolifération de ces cellules indique alors si des borrélies se trouvaient dans l’organisme.
Le test est hautement spécifique et révèle, avant et après le traitement, la présence d’agents pathogènes.
Causes d’une restriction de la fiabilité du test:

  1. un traitement antibiotique récent peut fausser les résultats. Il est de ce fait nécessaire d’attendre au moins six semaines après la fin du traitement avant de procéder à un contrôle du test,
  2. le patient présente une immuno-déficience cellulaire,
  3. des médicaments inhibant l’activité du système immunitaire (cortisone, immunosuppresseurs) restreignent la réactivité des lymphocytes,
  4. au moment du test, le patient se trouve dans une phase cliniquement muette de la maladie lors de laquelle le système immunitaire ne détecte que peu de borrélies. Cela peut déboucher sur des résultats faiblement positifs. Pour cette raison, il est en général préférable d’effectuer le TTL durant une phase où les symptômes sont marqués. Il peut être le cas échéant utile de procéder à un nouveau contrôle après quatre à six semaines,
  5. étant donné que des cellules sanguines vivantes doivent être utilisées pour le test, la fraîcheur du prélèvement est déterminante. Ce dernier devrait donc être transporté au plus vite au laboratoire. Parallèlement à toute l’attention requise lors de la prise de sang et de l’expédition au laboratoire, les standards de qualité du laboratoire procédant aux analyses sont bien entendu eux aussi décisifs pour l’exploitabilité des résultats.

3. Lymphocytes NK positifs à la CD 57:

Il s’agit de leucocytes spéciaux, particulièrement compétents, liés au bon fonctionnement du système immunitaire cellulaire.
Burrascano (USA) a constaté que, dans le cas de maladies de Lyme chroniques, ces cellules sont systématiquement moins nombreuses lorsque la durée de l’affection dépasse une année.
Dans l’absolu, le seuil inférieur a été fixé à 60 cellules par microlitre (60 /ul).
Une baisse des cellules positives à la CD 57 peut également être observée dans le cas d’autres infections chroniques; elle n’est donc pas typique de la maladie de Lyme.
Toutefois, les lymphocytes NK positifs à la CD 57 révèlent également une déficience immunitaire générale et sont associés au principal organe immunitaire de l’homme, à savoir l’intestin.

En résumé: afin de diagnostiquer une infection borrélienne, l’association du test de Western blot, pour la détection d’anticorps, et du TTL, pour celle de borrélies et la mesure des lymphocytes NK positifs CD 57, fournit les résultats les plus précis.

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