27 avril 2014 0 6248 Vues

LSF réagit à l’émission télévisée de RTBF du 09 avril 2014

Lettre ouverte à  RTBF

 

« Question à la Une », 9 avril 2014, maladie de Lyme :

Indignation  des malades !

 

La borréliose  de Lyme est  une infection bactérienne grave transmise essentiellement par les tiques, actuellement en pleine expansion. Souvent méconnue des médecins, mal diagnostiquée et mal traitée, elle peut passer inaperçue ou devenir  chronique et  multisystémique  (problèmes oculaires, musculaires, vasculaires, articulaires, neurologiques, dermatologiques…très invalidants). Elle est aujourd’hui l’objet d’une controverse médicale  que les connaissances scientifiques actuelles pourtant disponibles permettent de trancher.

Que retiendra l’opinion publique du reportage diffusé par la RTBF en Belgique ?

Dormez tranquilles, braves gens…il n’y a pas d’urgence de santé publique, mais protégez-vous tout de même quand vous sortez dans les bois !

Propos contradictoires ? Propos diffamatoires : le spectateur les rencontrera tout au long du dossier. Lequel appelle à questions :

Quid de la neutralité du journaliste  qui prend parti dès le début aux côtés de Sophie Quoilin, responsable de l’Institut de Santé Publique belge, laquelle balaie d’un revers de main les chiffres de la chercheuse Valérie Obsomer  (un million de cas en Europe) mais aussi et entre autres,  ceux du Center for Disease Control qui affirme qu’il y a dix fois plus de nouveaux cas de Lyme par an qu’on ne l’estimait jusqu’à présent ? « inutile de sombrer dans la psychose ; les probabilités de se faire infecter sont basses….la majorité des patients développent un érythème… »

Quid de la neutralité du journaliste lorsqu’on le voit aligner sa conclusion sur les propos rassurants et consensuels du Professeur Léonard qui semble tout ignorer des dernières avancées sur le sujet et nous dit en substance « Ne nous alarmons pas mais il faut étudier davantage les tiques et cette maladie émergente car on la connaît mal ; elle est si jeune ! » Cependant « les souffrances inexpliquées interpellent », précise le journaliste ! C’est le moins que l’on puisse dire …

Ce documentaire verrouille les conclusions qui s’imposent et trahit les vérités scientifiques qu’il contient en les assimilant à des opinions : certes les termes de la controverse sont évoqués et  nourris de preuves et de témoignages, mais les responsabilités sont noyées ; les problèmes, relativisés, restent sous le couvercle et les lanceurs d’alerte deviennent des cibles : insupportable !

En effet,

Quid du devoir des Autorités de Santé de s’informer et d’informer le public,  vu  la multiplicité des symptômes et  des autres formes de transmission  maintenant mises en évidence? (https://www.associationlymesansfrontieres.com/pr-christian-perronne-les-methodes-diagnostiques-dans-la-maladie-de-lyme  et https://www.associationlymesansfrontieres.com/maladie-de-lyme-sexuellement-transmissible)

Quid du devoir de s’informer et de l’esprit scientifique attendus de la part d’un Professeur de médecine ?  Où sont passés l’esprit d’examen et le doute méthodique de Descartes ? Et que dire des termes inqualifiables qu’il adresse aux lanceurs d’alerte, aux associations qui rassemblent la documentation scientifique disponible et soutiennent les malades : des « alarmistes », des « activistes »,  et même des « révisionnistes » !!! Insupportable !

Pourtant – les preuves scientifiques ne manquent pas sur le sujet depuis des décennies – certains les expliquent, ces souffrances : le Professeur Luc Montagnier, la chercheuse et biologiste Eva Sapi, les médecins de l’ILADS,  le  Docteur américain Richard Horowitz qui rencontre des milliers de malades, le groupe de médecins de Chronimed qui travaille… et bien d’autres qui soignent à tâtons,  de manière non consensuelle, tout en obtenant des résultats positifs avec leurs patients – mais dans l’ombre car ils craignent les poursuites.

On annonce  des chiffres concernant les tests : sensibles à 55%, et ils seraient fiables ! Il faudrait seulement les faire au bon moment ! De qui se moque-t-on ? Que dire alors de tous les malades au stade 3 de la maladie, ou des immunodéprimés, qui ne produisent plus d’anticorps ?  Un détail ? On balaie là le nombre croissant de malades non diagnostiqués et donc non traités, qui souffrent d’une borréliose totalement disséminée et chronique, abandonnés par la médecine. Ils devraient attendre encore ?

On oublie aussi tranquillement les propos du Professeur Christian Perronne, Président de la Commission des maladies transmissibles au Haut Conseil de la Santé Publique, lequel affirme que les résultats des tests sont différents selon les régions et les laboratoires ! Ce que peuvent confirmer de nombreux malades, qui, dans une situation aussi ubuesque vont vérifier ailleurs et à leurs frais leurs résultats hautement douteux : un détail sans conséquence sur le recensement des cas et la forte probabilité d’une pandémie de très grande ampleur ?

Quid du principe de précaution devant une controverse  aux conséquences aussi désastreuses  pour les malades mais aussi pour nos concitoyens ?

 « On n’a pas raté une urgence de santé publique » se presse de nous expliquer la responsable de l’Institut de Santé Publique belge.

SI, IL Y A URGENCE !

Les souffrances bien réelles des malades, l’extension attestée de la maladie et la  documentation scientifique existante sur les maladies vectorielles à tiques au plan international depuis plus de vingt ans exigent que partout les Etats  mettent en œuvre ce principe de précaution  à plusieurs niveaux :

–          Déclaration obligatoire de la maladie (cf. Canada, Bavière, …) et recensement sérieux des cas (cf carte de l’extension inquiétante de la maladie aux Pays-Bas).

–          Uniformisation immédiate des tests avec test Western Blot par antigènes recombinants issus du génie génétique, systématiquement réalisé en sus du test ELISA ; financement de la recherche sur de nouveaux tests diagnostiques plus performants.

 

–          Campagne de prévention immédiate (plaquettes dans les pharmacies, cabinets médicaux, écoles, spots télévisuels…pancartes à l’orée des forêts… : cf. Allemagne, Suisse, USA, …) : information sur la protection contre la contamination par les tiques et autres vecteurs mais aussi lors de relations sexuelles.

–          Interdiction aux porteurs de la maladie de Lyme de donner leur sang.

–          Fin du déni sur la chronicité de la maladie. Les innombrables preuves qu’ignorent pourtant les « spécialistes » belges interrogés dans le reportage ont abouti, dans des pays plus avertis, à des projets de Loi en cours d’élaboration (Canada), ou sont entérinés (Vermont , USA) . Cet Etat reconnaît en effet la gravité de la maladie de Lyme chronique, le rôle de co-infections et la nécessité d’un traitement individualisé selon les directives de l’ILADS).

L’obscurantisme, pilier d’un déni soutenu par des « experts » qui affirment encore que la Terre est plate, doit cesser.

 

NOUS N’ATTENDRONS PLUS !

 

 

Le Bureau de LSF

 

 

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