Le truc pour qu’une antibiothérapie fonctionne ? laisser les cellules dormantes se réveiller !

Maladie de Lyme : un nouveau traitement pour éradiquer les bactéries ?

Par Lanutrition.fr Publié le 05/06/2015 Mis à jour le 10/03/2017

La bactérie responsable de Lyme se met en sommeil pour échapper aux antibiotiques. Pour la tuer, il faut espacer les traitements et les reprendre quand elle se réveille.

Même après traitement antibiotique, de nombreux patients touchés par la maladie de Lyme, une maladie transmise par les tiques, continuent à souffrir de symptômes. Dans un article paru dans la revue Antimicrobial Agents and Chemotherapy, des chercheurs ont trouvé une explication à la persistance de la maladie : la bactérie responsable de la maladie formerait des cellules dormantes « persistantes », qui échapperaient aux traitements. Sachant cela, les chercheurs proposent un nouveau traitement pour venir à bout de ces cellules persistantes.

Lire : Prévenir Lyme

Dans la maladie de Lyme, les patients traités tôt avec des antibiotiques se rétablissent généralement, mais 10 à 20 % des patients peuvent avoir des symptômes persistants et récurrents : arthrite, douleurs musculaires, fatigue et problèmes neurologiques. C’est ce que certains médecins persuadés que le traitement initial suffit, appellent le « syndrome post-Lyme» et d’autres, comme le Dr Horowitz, qui sont persuadés que des bactéries subsistent, le Lyme chronique.

Lire le point complet sur la maladie de Lyme avec le Dr Richard Horowitz

Dans cet article, les chercheurs de l’université Northeastern (Boston) ont voulu savoir comment la bactérie Borrelia burgdorferi, l’agent causant la maladie de Lyme, pouvait tolérer les médicaments censés la détruire. En effet, aucune résistance aux antibiotiques n’a été observée chez B. burgdorferi, si bien qu’on peut se demander pourquoi la maladie est malgré tout récalcitrante aux antibiotiques. Dans d’autres infections chroniques, la présence de cellules dites « persistantes » peut expliquer le fait qu’une maladie soit récalcitrante aux traitements. C’est pourquoi les chercheurs ont voulu savoir si B. burgdorferi pouvait former des cellules persistantes.

A la différence des bactéries résistantes aux antibiotiques, qui résistent aux antibiotiques grâce à une mutation, les bactéries « persistantes » se mettent dans une sorte d’état de sommeil si elles sont exposées à l’antibiotique. Lorsque le traitement est arrêté, les bactéries se réveillent.

Or ces cellules persistantes sont exactement ce que les chercheurs ont identifié dans le cas de Borrelia burgdorferi. Les chercheurs ont donc réfléchi à de nouvelles possibilités de traitement. Ils décrivent ainsi deux approches, dont l’une très prometteuse, pour éradiquer la maladie de Lyme. La première approche utilisait un agent anti-cancer : la mitomycine C, qui a complètement éradiqué les cultures de bactéries. Mais, étant donné la toxicité de la mitomycine C, les chercheurs ne la recommandent pas.

L’autre approche bien plus adaptée est une « thérapie pulsée ». In vitro, les chercheurs ont introduit l’antibiotique de référence anti-Lyme, la ceftriaxone une première fois, ce qui a permis de tuer les cellules en croissance, mais pas les cellules dormantes persistantes. Ensuite, l’antibiotique a été éliminé; les cellules persistantes ont « ressuscité » et les chercheurs les ont à nouveau attaquées avec l’antibiotique. 4 doses de ceftriaxone ont tué les cellules persistantes et éradiqué toutes les cellules bactériennes vivantes de la culture.

Pour Kim Lewis, un des auteurs de l’article, le « truc » pour que cela fonctionne consiste donc à laisser les cellules dormantes se réveiller. Pour lui, cette thérapie pulsée pourrait traiter des patients non seulement pour la maladie de Lyme, mais aussi d’autres maladies chroniques. Cette technique pourrait s’avérer très utile pour des antibiotiques pour lesquels les résistances ne se développent pas rapidement.

Lire : Soigner Lyme et les maladies chroniques inexpliquées, par le Dr Richard Horowitz (LIRE UN EXTRAIT ICI >>)

Source

Sharma B, Brown AV, Matluck NE, Hu LT, Lewis K. Borrelia burgdorferi, the causative agent of Lyme disease, forms drug-tolerant persister cells. Antimicrob Agents Chemother. 2015 May 26. pii: AAC.00864-15.

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